Un métier encore assez peu connu
Quand on parle de métiers techniques, on pense souvent au développement logiciel, à la cybersécurité, à l'intelligence artificielle, surtout en ce moment, ou à la data. Le métier d'ingénieur FPGA est beaucoup moins connu, alors qu'il intervient dans énormément de systèmes complexes et modernes.
On trouve des FPGA dans l'aéronautique, le spatial, la défense, les télécommunications, l'industrie, le médical, la vidéo, le traitement du signal ou encore les systèmes embarqués. Ce ne sont pas toujours des produits visibles du grand public, mais ils peuvent avoir un rôle essentiel : traiter des données en temps réel, piloter des interfaces rapides, gérer des contraintes temporelles strictes ou réaliser des calculs en parallèle.
C'est justement ce qui rend ce domaine intéressant. On travaille souvent sur des fonctions très concrètes, au cœur du matériel.
Des missions rarement monotones
Le travail d'un ingénieur FPGA ne consiste pas uniquement à écrire du VHDL, du Verilog ou d'autres langages de description matérielle toute la journée. Selon le projet et l'entreprise, il peut aussi falloir :
- comprendre un besoin et le traduire en architecture ;
- choisir les interfaces et découper le design en blocs ;
- écrire et relire du code HDL ;
- créer des testbenches et automatiser les simulations ;
- intégrer des IP et des processeurs embarqués ;
- analyser les contraintes de timing ;
- déboguer sur une carte avec de vrais signaux ;
- échanger avec les équipes logiciel, électronique et système ;
- faire de la documentation :(
Cette diversité permet de développer une vision assez complète d'un produit. On peut partir d'une spécification, construire l'architecture, valider chaque fonction, puis participer aux essais sur le matériel final.
Une compétence spécialisée qui a de la valeur
Le FPGA reste un domaine de niche. Il y a moins de postes dans le FPGA que dans le développement C ou Python. Cependant, même si la demande des entreprises est plus faible en volume, il y a aussi beaucoup moins de personnes réellement formées. Le métier d'ingénieur FPGA ne s'apprend pas du jour au lendemain, et peu de formations approfondissent réellement la conception numérique, le HDL, la vérification et le timing.
Pour parler uniquement de Toulouse et de son agglomération, j'ai recensé, au moment où j'écris ces lignes, une vingtaine d'offres dans la défense et l'aéronautique, dont environ trois à cinq chez un client final.
Un client final ? Il s'agit par exemple d'une entreprise comme Airbus ou Thales. Il faut néanmoins comprendre une chose : devenir ingénieur FPGA est complexe, et votre première expérience sera peut-être dans une société de prestation. Je sais qu'il existe beaucoup de préjugés à ce sujet, mais j'ai moi-même commencé en prestation et cela a été une bonne expérience. Pour un premier poste et pour progresser rapidement, je vous conseille de ne pas écarter une offre au seul motif qu'il s'agit de prestation.

